L’innovation occupe une place importante chez Coca-Cola. Non seulement pour ce qui touche aux ingrédients et au développement durable, mais aussi à la conception des emballages. Louis Jolie est Graphics Design Senior Manager chez Coca-Cola pour l’Europe de l’Ouest. Il est responsable du bon déroulement du processus en cas de modification d’un emballage.

« Dans ma fonction, je ne suis pas responsable de la création de projets, mais du processus qui consiste à faire parvenir en fin de compte un design créatif à l’imprimeur par le biais d’un briefing », explique Louis. Cela prend environ 8 semaines. « Nous nous attelons, constamment, à améliorer ce processus afin de réduire systématiquement le délai dont nous avons besoin pour amener les produits plus rapidement sur le marché. »

Sur quels projets avez-vous travaillé ?

« Je suis impliqué dans toutes les campagnes telles que « Share a Coke », Coca-Cola zero sugar James Bond et les nouveaux emballages de Fanta, Sprite et Chaudfontaine, sans oublier bien sûr Noël, Halloween, l’été, etc. En fait, j’ai vécu tous les petits et grands changements visuels depuis 2012, au moment où j’ai été réengagé chez Coca-Cola. Avant cela, j’ai travaillé comme consultant chez Danone et Sara Lee. »

Quel projet a été le plus difficile ?

« Pour moi, c’était surtout le projet « Share a Coke » en 2011 parce qu’en dehors du processus d’impression ordinaire, une partie de l’étiquette devait être imprimée numériquement. Cela ajoutait un maillon supplémentaire à la chaîne, ce qui a compliqué un peu plus le déroulement des opérations. Tout se suit de manière tellement serrée : la survenance de problèmes à une étape de la production a des répercussions sur le maillon suivant de la chaîne. Cela crée un effet boule de neige.

Le nouveau projet de Sprite (2017) a également été un défi, car la liste finale des ingrédients n’a été connue que quelques jours avant la date à laquelle les étiquettes devaient être imprimées. Nous avons donc dû coordonner de nombreuses parties différentes dans un court laps de temps. Il est bien sûr essentiel que les bons ingrédients figurent sur la canette ou la bouteille. »

Quels facteurs interviennent dans le processus d’emballage ?

« Avant que toutes les parties se mettent au travail, les agences de création reçoivent un briefing du département marketing d’Europe de l’Ouest. Celui-ci crée une norme d’identité visuelle de la marque pour l’Europe de l’Ouest. Ensuite, les chefs de projet locaux aident les marchés à briefer l’agence et l’entreprise de reprographie à propos de tous les emballages locaux. Ce briefing comprend les exigences, limites et spécifications locales. Lors de cette étape, nous déterminons également la manière dont nous pouvons appliquer le concept de façon la plus cohérente possible sur toute la ligne : bouteilles, canettes, multipacks, plateaux, etc.

Chaque emballage est unique.  Sur quel matériau imprime-t-on ? Utilise-t-on une feuille transparente ou blanche pour l’étiquette ? Que va-t-on inscrire précisément dessus et dans quelles langues ? En outre, tous nos emballages, y compris nos étiquettes, sont 100 % recyclables. Une étiquette doit donc répondre à de nombreux critères. Chaque emballage et chaque format nécessite des spécifications techniques propres. Toutes ces informations sont importantes pour que le projet soit réalisable sur le plan technique et que l’imprimeur puisse s’en servir pour faire son travail. Plusieurs spécialistes se penchent sur le projet en interne — par exemple les experts juridiques et, bien sûr, les spécialistes en marketing.

Nous procédons à pas moins de 7000 à 8000 modifications d’emballage chaque année. Pour que tout se passe bien, nous utilisons un outil en ligne qui nous permet de suivre dûment toutes les innovations. Cet outil est continuellement amélioré pour rendre le processus toujours plus fluide : ce n’est pas superflu vu que nous travaillons sur quelque 550 à 600 projets en même temps en Europe de l’Ouest. Dans ma fonction, je suis également responsable de cet outil et de son développement. Nous constatons que le nombre de modifications d’emballage augmente d’année en année. Il est donc important que nous travaillions de la manière la plus efficace et la plus efficiente possible et que nous automatisions au maximum. »

Enfin : quelle campagne vous a procuré le plus de plaisir ?

« Je citerai à nouveau la campagne « Share a Coke ». Nous savions que cette campagne rencontrait déjà un franc succès en Australie et nous avons finalement pu voir les choses en plus grand encore en Europe. Ici, nous avions encore plus de noms sur les emballages, et les types d’emballage qui ont été relookés façon “Share a Coke” étaient plus nombreux encore. C’est principalement l’effet généré par la campagne qui faisait plaisir à voir. Il y a eu tellement de réactions enthousiastes, et les gens voulaient obtenir une canette ou une bouteille Coca-Cola à leur nom. Sans notre processus, notre partenaire en Artwork & Repro et notre outil en ligne, cette campagne n’aurait jamais été possible. »

Par ailleurs, Coca-Cola prend également des mesures dans le domaine du développement durable. Par exemple, nous veillerons à ce que nos emballages soient recyclables ou réutilisables à 100 % et à ce qu’au moins 50 % des matériaux de nos bouteilles PET proviennent de plastique recyclé.