Pour réduire les déchets plastiques et créer une économie circulaire du plastique, les entreprises, les gouvernements et les ONG doivent faciliter le recyclage et le rendre plus attrayant pour les gens du monde entier, a déclaré James Quincey, CEO de Coca-Cola, cette semaine lors d’un débat animé par Sara Eisen de CNBC au Forum économique mondial (WEF).

« Nous devons en faire une proposition à valeur ajoutée plus avantageuse pour le consommateur », a déclaré James Quincey. « Nous devons rendre le retour des bouteilles (en PET) plus pratique et plus intéressant afin qu’elles aient de la valeur et que nous puissions les racheter et les réutiliser. Ensuite, la roue – l’économie circulaire – tournera très vite. »

Il a ajouté : « Collectivement, nous avons fait un travail considérable en proposant des produits pratiques aux consommateurs. Nous leur avons fourni des produits au goût fantastique faciles à acheter et à consommer. Mais nous n’avons pas encore facilité la récupération et la réutilisation. Seule cette commodité nous permettra véritablement d’avoir une économie circulaire qui fera de chaque bouteille quelque chose de précieux. »

James Quincey, auquel se sont joints Ramon Laguarta, CEO de PepsiCo, Jim Fitterling, CEO de Dow Chemical, et de hauts fonctionnaires et ministres de l’Environnement, Brune Poirson (France) et Tran Hong Ha (Vietnam), a souligné la nécessité d’une collaboration intersectorielle continue tout au long de la chaîne de valeur du plastique. « Je pense qu’il est urgent de mettre en place des systèmes qui fonctionnent », a-t-il dit. « Le sens de l’urgence fait avancer tout le monde. »

L’année dernière, Coca-Cola a annoncé qu’elle permettrait un accès plus généralisé à la propriété intellectuelle relative à sa PlantBottleTM – la première bouteille en plastique PET entièrement recyclable au monde, fabriquée en partie à partir de déchets végétaux –, y compris pour les concurrents de l’industrie des boissons.

« Notre volonté est de voir cette action collective de conception et de récupération des emballages durables », a expliqué James Quincey. « Parce que c’est ce qui rendra toutes les industries plus durables. »

James Quincey, CEO de Coca-Cola, prend la parole lors du débat « Transformer l’économie des matières plastiques » lors de l’assemblée annuelle 2019 du Forum économique mondial

En France, Coca-Cola exploite la plus grande usine de recyclage de PET alimentaire d’Europe. « Elle ne fonctionne pas à plein régime », a noté James Quincey. « Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas assez de matières premières propres. Nous devons récupérer les bouteilles. Ce qui bloque dans la partie à forte valeur ajoutée du secteur plastique – le PET –, c’est la collecte. »

Et ce n’est pas seulement une question de recyclabilité, a insisté James Quincey. « Nous devons également nous préoccuper de l’empreinte carbone de toutes ces options », a-t-il ajouté, soulignant que les bouteilles en PET ont une empreinte carbone inférieure à celle d’une quantité équivalente d’aluminium ou de verre.

Alors que Coca-Cola continue de repousser les limites de l’innovation dans tous les domaines, de la conception des emballages au recyclage chimique, James Quincey a souligné que les solutions existantes sont efficaces. Le défi consiste à faire en sorte qu’un plus grand nombre de personnes dans un plus grand nombre d’endroits recyclent plus souvent les emballages plastiques.

« Nous avons vu des pays comme le Mexique et l’Afrique du Sud passer de 10 % (taux de recyclage des bouteilles en plastique) à 70 % en une décennie », a-t-il ajouté, notant que la moyenne mondiale est d’environ 60 %. « Nous avons fait nos preuves dans des pays... À présent, il ne reste plus qu’à le faire à l’échelle mondiale. »

Avant de conclure : « Les circonstances sont très favorables. Nous ne passons pas seulement à l’étape de l’action individuelle et de la réussite de chaque pays ; nous passons à la réussite à grande échelle. En fin de compte, il ne s’agit pas de réinventer un modèle – bien que l’innovation puisse l’améliorer considérablement – puisque le problème a été résolu, collectivement, dans certains pays. »