All For One. Tel est le thème du Pride Festival 2019. Deux semaines durant, la communauté LGBTQI* sera mise à l’honneur à travers d’innombrables débats, représentations, actions et fêtes. Chez Coca-Cola aussi, ce thème nous tient à cœur. Ainsi, du 3 au 19 mai, le logo Coca-Cola s’ornera des couleurs de l’arc-en-ciel sur notre célèbre panneau publicitaire de la place De Brouckère.

*LGBTQI : Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Queer, Questioning and Intersex

Belgian Pride

Si la dénomination Belgian Pride renvoie au bouquet final de ces deux semaines de festivités, à savoir la grande parade, toute cette période sera riche en événements qui feront de Bruxelles le cœur battant de la communauté LGBTQI. Ainsi, le vendredi 17 mai est organisée la « Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie » qui vise à lutter contre la haine et les discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles, bisexuelles et des transsexuelles. À l’occasion du Pride Festival, nous avons rencontré Sylvain Grosset et Ilaria De Simone, deux collaborateurs LGBTQI de Coca-Cola.

Sylvain : « Le Pride Festival est une belle occasion de promouvoir la communauté LGBTQI et de mettre en lumière les problèmes auxquels elle est encore confrontée. Mais cela ne s’arrête pas là. C’est aussi une période où tout le monde peut être comme il est et s’éclater. J’ai juste envie de profiter du moment avec mes amis, que l’on soit plus extraverti, coloré, avec des plumes ou que sais-je, sans être jugé ou stéréotypé. »

Il arrive pourtant que la parade haute en couleur, qui réunit plus de 100 000 participants, suscite une certaine incompréhension.

« Elle rassemble en effet de nombreuses personnes extravagantes », reconnaît Ilaria, « et peut paraître ridicule et excessive aux yeux des gens qui ne font pas partie de la communauté LGBTQI ». Sylvain : « C’est vrai. J’aimerais que l’on se rappelle que la parade est une fête mais avant tout là pour rappeler qu’il y a encore beaucoup à faire en termes de droits et protections de la communauté. Par exemple, le fait que des personnes sont agressées, encore aujourd’hui, parce qu’elles sont homosexuelles. »

Ilaria : « Cela varie naturellement d’un pays à l’autre. Dans notre monde occidental, La Pride est l’occasion de se faire plaisir. Dans des pays plus conservateurs, cet événement doit servir surtout à marquer le coup et à s’affirmer. »

Selon l’ILGBA (International LGBTI Association), une association internationalement reconnue rassemblant plus de 1 300 groupements LGBTQI, il y a encore 70 pays dans le monde où la loi proscrit les relations intimes entre personnes du même sexe.

« Et si nous avons tous les deux beaucoup de chances d’être ici en Belgique et chez Coca-Cola, tout le monde n’a pas cette chance. » ajoute Sylvain. « Certaines personnes de Bruxelles que je connais, originaire d’Europe de l’Est, ont dû fuir leur pays et se réfugier en Belgique, parce que la justice les aurait poursuivis dans leur pays pour être ce qu’ils sont. »

Chez Coca-Cola, à Bruxelles, nous développons les produits pour tout EMEA* dont des pays plus conservateurs. Je dois parfois me rendre dans des pays qui ne confèrent aucun droit à la communauté LGBTQI et où la peine de mort peut être appliquée. Je me demande, si je dois bientôt me rendre dans un de ces pays pour le travail, si je ne risquerais rien? Serais-je en sécurité ? Devrais-je demander une protection de la part de Coca-Cola, cacher qui je suis ou juste renoncer à m’y rendre. Des personnes en voyage à Dubaï sont restées bloquées à l’aéroport pendant 15 heures parce qu’on pensait qu’elles étaient homo. Je dois résoudre également une question éthique : comment accepter d’aider un pays économiquement en sachant qu’ils tuent ou enferment les personnes LGBTQI dans leur propre pays ou me mettrait en prison si j’y allais. Je me demande de plus en plus si je ne devrais pas refuser de travailler pour ces pays-là pour être en accord avec mes valeurs. Coca-Cola est une entreprise très inclusive. Mais c’est tout de même une question à laquelle je réfléchis. Je pense qu’une boîte comme Coca-Cola a aussi un rôle social de promouvoir les droits humains, que ce soit de la femme ou des personnes LBGTQI et j’espère voir davantage d’actions dans ce sens. »

*EMEA: l'Europe, le Moyen-Orient (Middle East) et l'Afrique

Belgian Pride Coca-Cola

Et en Belgique ?

Ilaria : « Je suis originaire du sud de l’Italie et vis depuis un an à Bruxelles. C’est une ville internationale très multiculturelle. J’y ressens une grande ouverture d’esprit. »

Sylvain acquiesce. « Je constate aussi que les hétéros affichent un intérêt croissant envers la communauté LGBT. Ainsi, par exemple, ils fréquentent les bars drag et homo. Et ils n’y vont pas pour se moquer mais simplement pour s’amuser. La communauté LGBTQI est donc de plus en plus acceptée. Mais je constate aussi, dans les médias et dans mon cercle d’amis, que les agressions restent une réalité bien présente.

J’ai déjà eu quelques mauvaises expériences.  Je marchais, par exemple, avec mon ancien copain dans le quartier touristique de Bruxelles et je lui touchais le dos avec la main. Un Hummer s’est arrêté juste à côté de nous et son conducteur a commencé à nous insulter. Il voulait même nous coincer avec sa voiture. Heureusement, nous avons pu nous échapper en prenant une rue latérale. Si un simple attouchement peut provoquer une telle réaction, je ne peux m’empêcher de me dire : « Encore une fois, je ne suis pas quelqu’un de normal »

Être soi-même ou penser aux éventuelles conséquences ?

Sylvain : « Si je me sens parfaitement à l’aise chez Coca-Cola, je fais tout de même attention à mon comportement. De nature, je suis une personne joyeuse et extravertie mais ne veux pas passer pour une caricature. Je veille donc toujours à paraître plus ou moins sérieux. »

Ilaria acquiesce. « Chez Coca-Cola, il n’y a vraiment aucun problème à être ce qu’on est. Mais, dans d’autres situations, je commencerai par ne rien dire ou montrer. J’en profite pour conseiller à Coca-Cola et à d’autres employeurs de souligner clairement, dès la procédure de recrutement, qu’ils sont des entreprises inclusives. Moi-même, chez Coca-Cola, j’avais encore des doutes à cet égard. Et ce n’est que lorsque j’en ai parlé avec d’autres que j’ai su que je pouvais être moi-même. »

Inclusion Coca-Cola

Coca-Cola et LGBTQI

Durant le Pride Festival 2019, Coca-Cola prendra l’initiative de quelques actions sur ce thème. Ainsi, nous lèverons le drapeau arc-en-ciel aux sièges centraux de notre entreprise dans différents pays dans le monde. En Belgique, nous diffuserons des messages sur les réseaux sociaux et sur le panneau publicitaire à la place De Brouckère. Mais beaucoup d’écueils restent encore à surmonter pour améliorer la situation.

Sylvain : « Quelques publicités ont déjà mis en vedette un homo. Je me souviens d’un spot télé mettant en scène un pool boy  auquel une fille et un garçon adressaient des regards aguicheurs. N’oublions pas non plus Monsieur Henry qui a osé se lancer dans une Pride Parade. Mais le ton est encore souvent superficiel, et toujours dans un environnement qui prête à sourire. On peut certainement encore aller plus loin et représenter des personnes LGBTQI plus simplement sans tomber dans les clichés. Ce serait peut-être un très grand pas en avant mais pourquoi ne pas prévoir un char Coca-Cola dans la Pride Parade afin d’affirmer les valeurs d’inclusivité de la compagnie? »

Ilaria ajoute : « Je pense que Coca-Cola aurait ainsi une belle occasion de dire : ‘Nous sommes une boisson pour tout le monde’. »

All for One

Nous revenons ainsi au thème du Pride Festival : « All For One ». Qu’est-ce qu’il signifie pour vous ?

Sylvain : « Que nous devons être là pour chaque personne lorsque nous la voyons en difficulté, qu’elle ne se sent pas à l’aise ou est sous pression. Que nous devons protéger nos proches. »

Ilaria : « C’est une belle interprétation. Pour moi, ce thème signifie aussi ‘Nous sommes tous égaux. Il n’y a pas de différences’. »