Par James Quincey

Président et CEO, The Coca-Cola Company

Remarque : cet article a initialement été publiée sur Medium.com.

Quand vous vous êtes réveillé ce matin, vous avez sans doute passé une heure à vous préparer. Vous vous êtes brossé les dents, avez pris une douche et vous êtes habillé. Votre estomac criant famine, vous avez pris votre petit-déjeuner tout en regardant le bulletin d’informations matinal. Certains d’entre vous ont envoyé leurs enfants à l’école. D’autres ont répondu aux e-mails arrivés pendant la nuit. Et moi ? Je me suis de nouveau coupé en me rasant.

Problème mondial d’emballage

Mais qui que vous soyez et où que vous habitiez, une chose est sûre : durant cette heure, quelque 900 tonnes de déchets plastiques ont fini dans nos océans. L’équivalent de presque 600 voitures familiales de taille moyenne. C’est inacceptable. Et c’est insoutenable pour les générations futures. Si l’on ne remédie pas rapidement à cette situation, nos océans et nos voies navigables se transformeront peu à peu en une « soupe de plastique ». Les déchets plastiques menacent la vie dans nos océans. Les images épouvantables d’animaux en détresse qui déferlent sur nos téléviseurs en disent long. Et détrompez-vous : ces déchets n’affectent pas seulement la faune et la flore, leur impact est bien plus étendu.

Le problème mondial d’emballage n’est qu’un symptôme d’un problème beaucoup plus sérieux. Nous épuisons notre planète comme si nous avions un exemplaire de rechange à portée de main. La réalité est qu’au cours du 20e siècle, la consommation des ressources naturelles a connu une croissance deux fois plus grande que celle de la population mondiale. D’après le Programme des Nations Unies pour l’environnement, la consommation mondiale de matières premières s’élèvera à près de 90 milliards de tonnes en 2017 – soit trois fois plus qu’en 1970. Nous consommons (et gaspillons) nos ressources naturelles à un rythme toujours plus soutenu. Nous semblons oublier qu’elles ne sont pas inépuisables.

Ce n’est pas qu’un problème de déchets plastiques rejetés sur les plages, c’est un problème de niveau mondial qui nous concerne tous. Mais là où il y a un problème, il y a aussi des opportunités. Ce problème nous donne l’opportunité de repenser l’utilisation du plastique et des emballages et apporte un éclairage nouveau sur notre économie.

Le côté positif des emballages

Nous avons tous eu des millions d’emballages alimentaires en main. Les bouteilles et canettes nous permettent de nous hydrater quand nous sommes en déplacement. Elles contribuent aussi à ce que les boissons restent propres à la consommation. Et en cas de catastrophes, les bouteilles sont un moyen simple de fournir de l’eau potable propre à la population en détresse. En 2017, notre entreprise a ainsi fait don, avec ses partenaires d’embouteillage, de plus de 1,4 million de bouteilles d’eau à des communautés touchées par les ouragans Irma, Harvey et Maria. Une action qui nous a littéralement permis de sauver des vies, ce qui n’a été possible que grâce aux technologies des plastiques et d’embouteillage d’eau modernes.

Et pourtant, nous ne pouvons nous empêcher d’imaginer aussi parfois un monde sans emballages. Les hommes, les animaux et l’environnement ne se porteraient-ils pas beaucoup mieux si les bouteilles en plastique et les canettes en acier venaient à disparaître ? Mais ce monde est moins idéal qu’il n’y paraît, car on passerait ainsi à côté de tous les avantages des emballages alimentaires modernes. Les emballages permettent par exemple de réduire le gaspillage alimentaire, ils limitent la propagation des maladies et, dans certaines circonstances, ils peuvent même sauver des vies.

Bref, les bouteilles et les canettes peuvent vraiment être bénéfiques à la société, pour autant qu’elles soient bien conçues et qu’elles soient recyclées de façon responsable. Pour y parvenir, des entreprises comme The Coca-Cola Company peuvent se mettre au défi de faire encore plus, de montrer l’exemple, de prendre des risques. Et de croître de manière consciente et durable en faisant toujours des affaires de façon consciencieuse.

Objectif ambitieux 

C’est pourquoi nous avons annoncé un objectif ambitieux pour 2030, à savoir collecter et recycler un emballage pour chaque canette ou bouteille que nous vendons. Nous voulons que tous les emballages, d’où qu’ils viennent, aient plusieurs vies. Telle est notre vision pour un monde sans déchets. Pour que le projet « World Without Waste » soit une réussite, tout le monde doit apporter sa pierre à l’édifice. Les entreprises doivent veiller à ce que leurs emballages soient 100 % recyclables et pouvoir aider les consommateurs à recycler les emballages vides. Ensemble, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que les emballages ne finissent pas au mauvais endroit.

Pour ce faire, nous devons repenser et continuer à développer le cycle de vie complet d’un emballage, de la conception à la méthode de production. En 2009, nous avons ainsi lancé la PlantBottle, une bouteille en PET innovante et révolutionnaire composée à 30 % de matériaux végétaux. Nous essayons de rendre nos emballages 100 % recyclables depuis de nombreuses années. Et vous l’avez peut-être remarqué : certaines de nos bouteilles sont plus légères qu’avant. Nous avons donc déjà parcouru beaucoup de chemin, mais nous pouvons faire encore plus. Et nous avons bien l’intention de ne pas nous arrêter là. Nous continuons à chercher de nouvelles façons de rendre le plastique plus innovant et plus durable, notamment en intégrant toujours plus de matériaux recyclés dans nos bouteilles en plastique.

Recycler plus souvent

Mais rendre nos emballages 100 % recyclables n’est qu’une partie de la réponse. Tous ces emballages doivent aussi être effectivement recyclés. C’est pourquoi nous entendons sensibiliser les consommateurs du monde entier en les informant de ce qu’ils peuvent faire à leur échelle. Notre but est d’encourager plus de gens à recycler plus souvent. Nous voulons utiliser nos budgets et compétences marketing pour informer les gens de ce qu’ils peuvent recycler, comment et où. Nous croyons en une économie circulaire, dans laquelle les emballages en plastique, en verre, en acier et en aluminium sont recyclés ou réutilisés le plus souvent possible au lieu d’être jetés après un usage unique. Et nous voulons que d’autres y croient également.

Nous voulons aussi collaborer avec les communautés locales, nos concurrents et nos followers critiques pour attirer l’attention sur cette problématique majeure. Dans certaines communautés, le recyclage est heureusement assez simple. Il suffit de déposer ses bouteilles ou canettes dans le conteneur le plus proche. Mais dans d’autres, c’est une autre histoire : parfois, il n’y a aucun conteneur, ou le conteneur le plus proche est à deux heures de route. C’est un réel problème. Personne ne devrait parcourir autant de kilomètres pour pouvoir recycler ses emballages.

Comme nous sommes actifs dans des communautés locales du monde entier, nous pouvons partager nos « meilleures pratiques ». Nous pouvons collaborer avec les pouvoirs publics, les communautés, le secteur privé et les ONG en vue de développer des systèmes de recyclage plus efficaces qui répondent aux besoins uniques de chaque communauté. Nous pouvons aider à rendre le recyclage plus facile et plus accessible pour tous. C’est précisément ce que nous avons fait au Mexique, par exemple. En 2002, des embouteilleurs Coca-Cola ont aidé l’industrie du plastique mexicaine et d’autres secteurs à créer Ecology & Corporate Commitment (ECOCE), une organisation à but non lucratif qui vise à encourager une culture du recyclage. Au Mexique, nous avons par ailleurs investi dans la création de deux usines de recyclage de PET : IMER et PetStar. Ces investissements ont porté leurs fruits. En 2016, le Mexique a recyclé 57 % de tout le plastique PET produit (contre seulement 9 % en 2002), devenant ainsi le pays qui a recyclé le plus de PET au monde.

La collaboration est cruciale

Vous vous demandez peut-être : « Qu’en est-il de toutes ces bouteilles et canettes qui traînent dans la nature ? Qu’allez-vous faire ? » C’est là une question bien logique. Le fait que nous annonçons cet objectif pour 2030 à l’échelle mondiale (remarque : 2025 pour l’Europe de l’Ouest via le programme « En Avant ») ne signifie pas que nous n’avons encore rien fait. Depuis 1995, nous sommes le sponsor principal de la plus grande action bénévole de nettoyage des plages au monde : l’International Coastal Cleanup d’Ocean Conservancy. Depuis la création de ce partenariat, nous avons mobilisé 11 millions de personnes pour débarrasser plus de 580 000 kilomètres de littoral de plus de 93 millions de kilos de déchets. Et ensemble, nous pouvons faire encore beaucoup plus.

Aucune entreprise, organisation, autorité ou personne ne peut résoudre ce problème de grande envergure à elle seule. Mais imaginez ce qu’il en serait si toutes les entreprises qui vendent des emballages se retroussaient les manches. Si nous regroupions toute notre expertise et tous nos moyens pour résoudre ce problème ensemble. Si nous faisions tous de notre mieux pour tenir les emballages à l’écart des endroits où ils n’ont pas leur place. Un monde sans déchets deviendrait alors tout à coup possible. Si nous unissons nos forces, nous pouvons faire une différence substantielle et durable. Cela doit être notre raisonnement commun. La ligne directrice que nous suivons dans tout ce que nous entreprenons. Car pendant que vous lisiez ce texte, quelque 40 000 bouteilles en plastique supplémentaires ont rejoint nos océans. Ensemble, nous pouvons faire baisser ce nombre. Peut-être même le ramener à zéro. Cela nécessitera l’ardeur, le dévouement et les investissements de nombreux acteurs, mais je suis convaincu que le résultat pour notre planète, nos communautés et notre entreprise vaudra vraiment la peine.

Alors, au travail 

James Quincey est président et CEO de The Coca-Cola Company