61 ans et retraitée : Marie-Rose Smeesters fait, avec bonheur, le bilan de sa carrière. Marie-Rose a rejoint les rangs de Coca-Cola alors qu’elle n’avait que 17 ans. Après 41 ans de carrière au service Comptabilité, elle revient encore le mardi matin au siège d’Anderlecht pour sa petite séance de sport. On se demande parfois ce qui peut motiver un tel attachement à la même entreprise. L'étincelle de passion dans le regard de cette dame sémillante doit y être pour beaucoup. « Si c'était à refaire, je referais le même chemin. »

Une vie consacrée à Coca-Cola

Quand j'ai commencé à travailler chez Coca-Cola, j'ai fait la connaissance d’un tas de gens avec qui j’ai forgé de véritables liens d’amitié. Mes collègues sont devenus mes meilleurs amis et le bel âtre qui m'avait tapé dans l’œil dès le début est devenu mon mari.

Marie-Rose Smeesters avec son mari

Avez-vous jamais envisagé de changer d'emploi ? 

Si, évidemment. À 25 ans, j'ai été victime de harcèlement moral de la part d’un collègue. À l’époque, j'ai pensé quitter l'entreprise, mais c’est mon époux qui a su me convaincre de rester. J'ai dû beaucoup prendre sur moi. À l'époque, le harcèlement était un sujet tabou. Pourtant, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée me confier à une personne de confiance au sein de l’entreprise. Cela m’a beaucoup aidée. Plus tard, je suis moi-même devenue personne de confiance. Heureusement que j'ai persévéré. Sinon, je n'aurais pas pu vivre tous les moments inoubliables qui ont suivi (rires).

Votre sourire semble indiquer que ces bons moments ont éclipsé ces temps difficiles. Parlez-nous de ces moments mémorables.

Le bal Coca-Cola est incontestablement l’un d’eux. Au début de ma carrière, il avait encore lieu à la Galerie Louise à Bruxelles. La salle était magnifiquement décorée avec élégance et l'ambiance y était très détendue. Je nous revois, vêtues de nos robes de soirée, jouer les divas du dancing sur la piste de danse. Rien qu’à y repenser, ça me file la banane (rires). J'ai aussi adoré le « Family Day ». Tous les employés et leurs familles étaient invités à participer à une activité. Une fois, nous avons passé une journée à Walibi et nous étions de la partie à l'ouverture du parc Disneyland à Paris.

Disneyland Paris

En parcourant votre album, je vois beaucoup de photos de vos épinglettes. Quelle collection impressionnante ! Quelle importance revêtent-elles pour vous ?

Ces épinglettes font 14 carats, mais ce n’est pas ça qui compte. Leur valeur symbolique et sentimentale est nettement plus importante à mes yeux. Tous les cinq ans, il y avait une « Journée de l'Épinglette ». Ce jour-là, Coca-Cola organisait une grande fête et distribuait des épinglettes. Une façon pour l’entreprise de faire part de sa gratitude pour le travail accompli. Je n’ai jamais eu l’impression d'être un numéro.

Pin Day chez Coca-Cola

Une carrière bien remplie

Comme s’est passée votre première journée de travail chez Coca-Cola ?

J’ai toujours mis un point d'honneur à arriver bien à l’avance partout où j'allais. Ce jour-là n’a pas fait exception. Je devais me présenter au service du personnel à 8h30. J'étais déjà là à 8 heures. Le directeur de service est arrivé à 9 heures. Et je me souviens encore de ce qu'il m’avait lancé : « Oups, je vous avais oublié ». J'ai été évidemment déstabilisée, mais « l’incident » fut vite oublié. J’ai ensuite eu droit à une visite guidée de l’entreprise et aux présentations d’usage. À cette époque, Coca-Cola employait 70 personnes. Je n’avais que 17 ans et je venais de quitter les bancs d'école. Pour moi, c'était une expérience incroyable. À la fin de ma première journée, je ne me souvenais que de cinq noms (rires). Mais après un certain temps, on prend ses marques.

Quel est votre meilleur souvenir des cinq dernières années de votre carrière ?

Pour mes 40 ans de service, j'ai eu l’occasion de me rendre à Atlanta avec mon mari. Mon patron avait quitté la Belgique pour partir travailler à Atlanta. Quand nous avons visité le siège de Coca-Cola, il avait accroché le drapeau belge pour me souhaiter la bienvenue. J’en ai été tout émue.

Marie-Rose visite le siège principal à Atlanta

Avez-vous jamais eu l'ambition de travailler à Atlanta ?

Non, absolument pas. Au siège d’Anderlecht, je connaissais tout le monde. Je m’y suis toujours sentie dans mon élément, ce qui m’a permis de faire mon boulot chez Coca-Cola pendant des années.

Comment s’est terminée votre carrière ?

Mon dernier jour, c'était le vendredi 13 juin 2014. Depuis mes 50 ans, je travaillais à 4/5 temps. Le vendredi était traditionnellement ma journée de relâche. Étant donné que la plupart de mes collègues ne pouvaient être présents que le vendredi, je suis venue travailler ce jour-là. Le plus marrant, c’est que ce jour-là, pour la première fois de ma vie, je suis arrivée en retard. Ça fait un peu bizarre, quand on doit rendre sa clé et son badge... J’ai profité de mes derniers moments chez Coca-Cola autour d'un verre avec mes collègues.

Prendre du bon temps

Vous venez encore tous les mardis vous entraîner à la salle de sport. Le mal du pays ?

Non, j’ai adoré mon job chez Coca-Cola, mais il est maintenant temps de profiter des autres choses de la vie, comme le sport et les voyages. Mais dès que je vois une bouteille ou un camion aux couleurs de Coca-Cola, cela ravive de bons souvenirs.