Le Marathon des Sables est réputé pour être l’une des courses à pied les plus éprouvantes au monde. Un défi dont rêvait depuis longtemps Joëlle Thills, Shopper Marketing Manager Leisure Channel chez Coca-Cola European Partners Belgium. Lors d’une précédente interview, elle a expliqué comment elle se préparait à cet ultra-trail extrême de six jours. Avec le recul, elle le considère comme l’une des plus grandes aventures de sa vie.

 « Ce fut une aventure à la fois éprouvante et fantastique, remplie de beaux moments et de belles rencontres. J’ai prouvé que j’avais le caractère pour toujours continuer à me battre, même dans les moments difficiles », raconte Joëlle.

Qu’as-tu ressenti au moment de franchir la ligne d’arrivée ?

« D’autres Belges m’attendaient à l’arrivée pour m’encourager. C’était une sensation fantastique. Mon objectif était de rallier l’arrivée et j’y suis parvenue. Je suis vraiment très heureuse. J’ai parcouru le Marathon des Sables (237 km) en 59 heures. Je peux en être fière. Pourtant, je n’ai pas tout de suite pris la mesure de cette victoire. La première nuit où j’ai à nouveau dormi dans mon propre lit, je me suis levée en sursaut, prise de panique, parce que je pensais que je m’étais endormie pendant l’étape de longue distance et que je ne pourrais plus rallier l’arrivée » (rire).

« Plus on prend de l’âge, plus on est prêt à relever des défis extrêmes »

Quelle a été pour toi la principale difficulté du Marathon des Sables ?

« C’est surtout la conjonction de plusieurs facteurs qui rendait ce marathon ardu : les températures élevées, le sable, les dunes, la dureté du sol pour dormir, la nourriture, les ampoules aux pieds, etc. Mais le cerveau passe en mode survie, en quelque sorte. Je dormais mal à cause de la chaleur. Pourtant, je me levais tous les matins avec la volonté de me donner à fond. Au début, j’avais mal et j’étais fatiguée. Après un certain temps, j’ai oublié tout cela et je me suis dit : “Je suis capable d’y arriver.” »

Lors de la précédente interview, tu disais participer au Marathon des Sables parce que tu avais remporté ton combat contre le cancer et pour apprendre à mieux te connaître. Es-tu parvenue à une meilleure connaissance de toi-même ?

« Oui, tout à fait. J’ai davantage confiance en moi et j’ai plus d’énergie. Et je sais aussi que je peux aller très loin maintenant. On dit que, plus on prend de l’âge, plus on est prêt à relever des défis extrêmes. C’est effectivement le cas. Je me suis moi-même étonnée de la force que j’avais. »  

Quel a été pour toi le plus beau moment de ce Marathon des Sables ?

« Le plus beau moment a en fait aussi été le plus éprouvant. Mon mari et mon fils avaient préparé une playlist tout spécialement pour moi. Je voulais garder cette playlist pour traverser les moments très difficiles. Lors de l’étape de longue distance de 86 km, j’ai eu un terrible coup de blues pendant la nuit. Je ne voulais pas abandonner, mais j’étais épuisée. À ce moment-là, j’avais déjà couru 25 heures sans dormir. Lorsque je me suis mise à écouter cette playlist, je me suis soudainement senti pousser des ailes. J’ai alors retrouvé l’énergie et la force d’aller jusqu’au bout. Lorsque le soleil s’est levé à l’aube, je marchais toute seule dans le désert en train de chanter et de danser. C’était tout simplement magique (visage radieux). Et la cerise sur le gâteau, ça a été cette canette de Coca-Cola qui nous a été offerte après l’étape de longue distance. En plein désert, ce n’était pas un Coca-Cola bien frais, mais je l’ai trouvé incroyablement délicieux. »

Quels sont tes projets d’avenir ?

L’année prochaine, je fais une petite pause (rire). Le prochain projet sur ma liste, c’est « La diagonale des fous », un trail sur l’île de la Réunion auquel j’aimerais participer pour mes 50 ans.