Sabine Everaet n’est pas seulement à la tête de notre département IT pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, elle est également une femme très concernée par la situation des femmes en entreprise et leurs possibilités de carrière. Sabine est un exemple vivant des efforts consentis par notre entreprise afin de soutenir les femmes dans leur évolution de carrière vers une position de top manager. « Les femmes ne doivent pas imiter les hommes. Notre style de leadership est tout aussi nécessaire dans le processus décisionnel. Nous comprenons mieux les dynamiques de groupes et nous sommes plus fortes pour faire fonctionner ensemble des équipes variées au niveau décisionnel ; ce que l’on appelle : inclusive leadership. »

Quand on traite de la diversité chez Coca-Cola, Sabine Everaet est une véritable référence en la matière. En 22 ans de carrière chez nous, elle a occupé plusieurs postes au niveau local et international et elle a pu expérimenter un changement d’attitude envers les femmes. Elle est notre CIO Europe depuis 2009, et elle s’est vu confier, récemment, la responsabilité pour le Moyen-Orient et l’Afrique. En tant que IT & Technology Lead, Sabine s’occupe aussi bien des aspects opérationnels tels que l’infrastructure IT, que de trouver des solutions technologiques stratégiques et innovantes. Le marketing digital en est un bel exemple. Tout cela, lui a valu le titre de “CIO of the Year”, à la fin de 2011 (et c’est la première femme à obtenir ce titre en Belgique).

Vous travaillez depuis plus de 20 ans chez Coca-Cola. Avez-vous observé un changement d’attitude de l’entreprise à l’égard des femmes ?

“Oui, et notamment pendant la période 2009-2010 où des choses très importantes se sont passées. Dans le cadre de notre vision 2020, nous avons lancé, à cette époque, un programme global destiné aux femmes avec un volet externe et interne. Le volet externe concerne le 5by20 dont le but est de soutenir le développement de 5 millions de femmes en tant qu’entrepreneurs, à l’horizon 2020. En ce qui concerne ce volet,  nous nous concentrons principalement sur les pays en voie de développement mais il existe aussi des opportunités pour les pays occidentaux. Pour ce qui est du volet interne du programme, nous avons pour ambition d’atteindre une répartition égale d’hommes et de femmes. Nous voulons que les hommes et les femmes soient représentés de manière égale à tous les niveaux de notre organisation et à l’échelle mondiale.

Depuis le lancement du programme, nous constatons que le pourcentage de femmes leaders (ndlr : des personnes occupant un poste à responsabilité) est passé de 21% à 36%. Atteindre le 50/50 est un vrai défi. En ce qui concerne certains types de profils, il n’y a tout simplement pas assez de candidatures féminines, aussi bien internes qu’externes sur le marché de l’emploi, et certainement pour des fonctions techniques et de management. En revanche, notre département marketing compte 70% de femmes. »

Concrètement, quelles initiatives ont été prises en vue d’augmenter le nombre de femmes?

“Nous consentons de grands efforts au niveau de la culture d’entreprise. Il y a encore beaucoup de personnes qui associent les qualités d’un leader à des comportements masculins à l’ancienne. Il faut que cela change. En outre, nous avons pris des mesures pour que les engagements soient réalisés par un panel composé à moitié de candidats et des interviewers de sexe féminin. Par ailleurs, nous avons mis sur pied un programme de mentoring pour les femmes. Et pour conclure, nous attachons une grande importance aux formations de leadership sur mesure pour des femmes. La plupart de ces pays disposent d’ailleurs d’un réseau de femmes qui se réunit à intervalles réguliers. ”

Que pensez-vous d’imposer un quota pour atteindre une parité hommes-femmes ?

“Eh bien, j’ai constaté que lorsque l’on définit un système de quota, on travaille de façon plus formelle et transparente pour atteindre cet objectif. C’est un système vraiment efficace ; il s’agit vraiment de passer au niveau supérieur. Je crois qu’il faut prendre davantage conscience du fait que ce qui paraît n’être qu’un élément business-wise est, en réalité, une nécessité absolue. Les femmes et leur approche différente dans la prise de décisions, c’est du win-win pour l’entreprise. Et c’est cela qui compte. »

Quel est votre niveau d’engagement en faveur de la diversité ?

“Je suis la présidente du European Women’s Leadership Council et je représente l’Europe auprès du Global Council chez Coca-Cola. Grâce à quoi, nous avons pu réunir un groupe de femmes managers chez Coca-Cola, dans le monde entier, pour conseiller notre haute direction à propos d’une série de programmes de soutien au développement et à l’épanouissement des femmes dans des fonctions de leaders.

En outre, je m’efforce d’être un modèle, tant sur le plan interne qu’externe, afin d’encourager les jeunes générations de femmes à grandir au sein de l’entreprise. Cela veut dire que je m’investis dans la participation à des panels, le partage de conseils personnels, l’échange d’expériences, etc."

“En 22 ans, je ne me suis jamais sentie victime de discrimination, en tant que femme.” 


 

Le domaine de l’IT est traditionnellement la ‘chasse gardée’ des hommes. Est-ce aussi le cas chez Coca-Cola ?

“L’équipe de management IT est bien équilibrée dans son ensemble ; d’ailleurs, la moitié de l’équipe est composée de femmes. En Europe, je suis la troisième femme à accéder à la fonction de CIO et mes deux prédécesseurs étaient aussi des femmes. Donc, je trouve cela positif pour ce qui est des fonctions de direction. En revanche, il y a beaucoup moins de femmes au sein des équipes. Nous nous efforçons d’engager des femmes mais le nombre de candidates ayant l’expérience requise, disponibles sur le marché de l’emploi est relativement moins élevé, hélas. Encore faut-il qu’elles soient intéressées par ce type de fonction. Pour moi, ce manque d’intérêt est dû, en partie, à une perception erronée du travail dans l’IT. Aujourd’hui, nous sommes à l’ère de la digitalisation à tous les niveaux de l’entreprise, y compris au marketing, ce qui fait que l’on peut avoir un job super passionnant à côté du business. Pour ces femmes, il est donc très important d’avoir des exemples d’autres femmes qui font une belle carrière dans l’IT. C’est pour cela que j’ai étroitement collaboré avec la Commission européenne et des universités en Belgique, à changer l’image que l’on a de l’IT pour attirer plus de femmes.”

Pourquoi croyez-vous que Coca-Cola peut être un vivier pour des jeunes talents féminins ?

“Coca-Cola est un employeur formidable qui investit énormément dans l’humain. Les formations en leadership sont de très grande qualité et englobent la question de la diversité. Les femmes à haut potentiel reçoivent énormément de soutien et d’attention pour pouvoir se développer.

Etant donné le caractère international de l’entreprise, on se rend vite compte que la problématique de la diversité est bien plus vaste que celle du gender balance. Nous encourageons aussi la diversité ethnique et l’équilibre entre les générations.

En 22 ans de carrière, c’est fou ce que j’ai vu comme changements et comme mesures mises en œuvre pour augmenter le nombre de femmes. Mais je ne me suis jamais sentie victime de discrimination, en tant que femme.”

Vous-êtes mère de famille et qu’est-ce que cette expérience t’a apporté dans ta carrière ?

“J’ai travaillé pendant deux ans sur un projet international lorsque mes enfants avaient 10 ans, environ. Aujourd’hui, ils ont 16 et 18 ans ; ils sont très indépendants et nous avons une relation très ouverte. Il m’est arrivé très souvent de partager mes expériences internationales avec eux. Ces expériences ont été enrichissantes non seulement pour moi mais également pour eux. Je parle de mon expérience personnelle, bien entendu, et je ne veux pas généraliser. En tant que femmes, nous devons parfois assumer les conséquences de nos choix mais nous sommes libres de faire des choix et c’est ça qui est important.

En analysant les résultats de notre enquête sur la situation familiale des femmes dirigeantes, je constate clairement que pour faire carrière, il est essentiel que les femmes puissent accéder à un système de crèches à des prix raisonnables. Heureusement, la Belgique est en avance dans ce domaine, par rapport à d’autres pays tels que la Grande-Bretagne.”

Quels bons conseils pourriez-vous donner aux jeunes femmes qui commencent leur carrière chez Coca-Cola ?

“Un jour, j’ai noté 10 conseils sur papier et ce sont toujours ceux-là que je donne, à chaque fois qu’on me les demande. Et si je devais n’en donner qu’un ce serait : sois pragmatique ! Quand des occasions se présentent, au travail, ne réfléchis pas trop longtemps. Do not overthink. Tu prends ta décision et ensuite tu t’organises pour que ça marche. Par contre, tu dois vraiment bien réfléchir à ce qui te motive à fond. C’est ça qui te permettra de suivre une carrière alignée sur ce qui te passionne."

Chez Coca-Cola, nous adorons la diversité – sur le lieu de travail, aussi – et c’est pourquoi nous soutenons le Wo.Men @ Work Award, depuis plusieurs années. Cet Award récompense le CEO le plus engagé dans l’égalité des sexes en entreprise. Le nom du lauréat sera rendu public en mars.

Découvrez les nominés et votez pour celui de votre choix http://jump.eu.com/award/nominees/