En juillet s’est tenue à Bruxelles la 30e édition de l’Entrepreneurship School. Une belle initiative visant à donner aux jeunes, et plus particulièrement aux femmes et aux participants venus de pays qui connaissent un haut taux de chômage chez les jeunes, l’envie d’entreprendre. Nous sommes allés y faire un tour. « Les jeunes sans emploi ont tout intérêt à prendre eux-mêmes leur avenir en main. »

Une journée estivale sous le soleil bruxellois. Le hall d’un immeuble commercial situé dans le quartier européen, à deux pas du Parlement européen, accueille une centaine de jeunes venus des quatre coins du monde. Deux jeunes femmes discutent autour d’une tasse de café. Elles s’appellent Alba Veisllari et Georgia Laskou. Toutes deux sont grecques et résident en Belgique et, jusqu’à hier, elles ne se connaissaient pas.

C’est aujourd’hui le deuxième jour de l’Entrepreneurship School, une formation « non formelle » à l’entrepreneuriat organisée par le think tank ThinkYoung. Le thème central cette fois est l’économie circulaire. « Une formidable initiative inspirante », lancent avec enthousiasme Alba et Georgia. « C’est fantastique de faire la connaissance de tous ces jeunes aux parcours divers et de s’enrichir de nouvelles idées. » Elles se montrent aussi très enthousiastes à l’égard du concept. En effet, il n’y a pas de professeurs ni de cours à l’Entrepreneurship School. Ce sont uniquement des entrepreneurs qui viennent témoigner de leur parcours et répondre aux questions. Bon nombre de workshops sont également organisés. « Au terme de la semaine, les participants répartis en petits groupes doivent vanter leur idée entrepreneuriale auprès d’un investisseur », explique Luca Selva, directeur de ThinkYoung et de l’Entrepreneurship School. « Il n’est pas possible de faire ce pitch tout seul. Vous devez donc convaincre d’autres participants de votre idée au cours de la semaine et faire en sorte qu’ils aient envie de rejoindre votre équipe. »

Pitch en clôture de la semaine

L’Entrepreneurship School en est actuellement à sa trentième édition. « Nous l’avons organisée pour la première fois en 2011, à Bruxelles également », dit Luca. « Depuis lors, nous avons exporté le concept en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Géorgie, au Kenya et à Hong Kong également. Cela représente pas moins de 3000 participants au total. »

Les concepteurs de l’Entrepreneurship School estiment pourtant n’en être qu’au début. « Nous voulons mettre sur pied davantage de partenariats avec les organisations locales », explique le fondateur Andrea Gerosa. « Ainsi, nous pourrons commencer à nous agrandir et à multiplier les éditions dans certains pays. C’est pour cette raison que nous avons lancé un projet pilote en Grèce. »

Grèce, Espagne, Portugal… Ce n’est pas un hasard si l’Entrepreneurship School s’adresse justement aux jeunes de ces pays. « Le taux de chômage y est très élevé », explique Luca Selva. « Les jeunes sans emploi ont tout intérêt à prendre eux-mêmes leur avenir en main. Nous essayons aussi d’attirer une majorité de femmes. »

Voilà les deux raisons pour lesquelles The Coca-Cola Foundation soutient fortement ce projet. « Nous sommes très fiers de notre collaboration avec ThinkYoung et du fait de contribuer au succès de cette école », explique Sophia Chrysopoulou, EU Public Affairs Senior Manager. « L’entrepreneuriat et l’innovation font en effet partie de l’ADN de Coca-Cola. Tant que les difficultés économiques persisteront dans de nombreux pays, il est capital de montrer aux jeunes qu’il est possible de libérer son potentiel. Nous voulons aider toute personne désireuse d’entreprendre à passer d’une idée à la création d’un business qui peut changer son quartier, sa ville ou son pays. »

Une idée ayant trait aux cryptomonnaies

Nous demandons à Andrea Gerosa si l’Entrepreneurship School a déjà permis de concrétiser avec succès des idées entrepreneuriales. Il cite l’exemple de Blue Storks. « Ce sont deux Belges qui se sont rencontrés lors de l’Entrepreneurship School en 2012 et qui ont réalisé leur idée. Ils veillent à la présence des marques de mode dans les aéroports. Leur équipe compte aujourd’hui 20 collaborateurs. »

Alba et Georgia ont aussi des idées, mais elles ne savent pas encore dans quelle mesure elles sont réalisables. Alba est clairement la plus avancée dans son projet. « J’ai fait mon mémoire sur les cryptomonnaies telles que Bitcoin et j’ai une petite idée dont je souhaite parler et que je voudrais analyser davantage cette semaine. Tout ce qui touche aux technologies financières m’intéresse fortement. »

Il est clair qu’il y aura parmi les 95 participants à cette édition des entrepreneurs qui réussiront. Et ce n’est pas tellement exceptionnel. « Nous estimons qu’environ 10 % des participants finissent par lancer quelque chose », déclare Luca Selva. « C’est un ratio très élevé. »