En 2015, les consommateurs belges découvraient le goût de Coca-Cola life, notre premier Coca-Cola avec édulcorant provenant de la stévia. Depuis, la demande de glycosides de stéviol (naturellement présents dans les feuilles de la plante) a explosé. De par le monde, les agriculteurs cultivent la stévia. Nous sommes partis à la rencontre de l'agriculteur kenyan pionnier de la culture de cet édulcorant naturel peu calorique.

Quand PureCircle, le numéro un de la production d'édulcorants à base de stévia présente cet arbuste au feuillage vert comme une nouvelle source de revenus, les agriculteurs de Kericho ne sont pas tous convaincus. Kericho est la capitale kenyane du thé. Pour assurer la subsistance de leur famille, les théiculteurs de Kericho préfèrent affecter leurs terres aux plantations de thé. Quelques années plus tard, le scepticisme est vaincu. La stévia a révolutionné le quotidien des populations. 

« J'avais entendu parler à la radio d’une nouvelle plante cultivée, la stévia, qui pouvait améliorer la situation financière des petits agriculteurs dans mon genre. Je me suis dit : pourquoi pas ! »


Du thé à la stévia

Charles Langat, citoyen du comté de Kericho, est un modèle. Son audace de pionnier lui a valu le surnom de Mister Stévia. Quand PureCircle est venu frapper à sa porte, M. Langat était à la recherche d’une nouvelle source de revenus pour sa famille. Cette rencontre le pousse à sortir des sentiers battus. « J'avais entendu parler à la radio d’une nouvelle plante cultivée, la stévia, qui pouvait améliorer la situation financière des petits agriculteurs dans mon genre. Je me suis dit : pourquoi pas !, raconte ce père de trois enfants. C’est PureCircle, l’entreprise qui a présenté cette nouvelle plante aux cultivateurs de thé, qui m'a donné mes premières graines. Dorénavant, je cultive mes propres plants.»  Aujourd'hui, la culture de la stévia est la principale source de revenus de Charles Langat. Nous l'avons rencontré et lui avons montré comment, après les médicaments et le yaourt, l'édulcorant à base de stévia s’est fait une place dans les boissons rafraîchissantes.


Ce n’est pas une coïncidence si notre voyage nous a conduits au Kenya. En effet, la stévia se plaît particulièrement sur les hauts plateaux kenyans au climat subtropical. La plante a besoin de peu d'humidité. On peut déjà récolter ses premières feuilles au bout de trois mois. Charles, Mister Stevia, fait le bilan de son projet de mise en place d'une plantation de stévia. « Le potentiel de la stévia est énorme, confie-t-il. Aucune autre plante cultivée ne génère autant d'avantages financiers. » Le producteur tire désormais un revenu supérieur à 10 000 shillings de sa plantation, alors qu’auparavant, il parvenait à peine à rassembler 6 000 shillings kenyans.  

Un pionnier devenu évangélisateur

Au Kenya, ces chiffres font rêver. Nombre d’agriculteurs sont curieux de connaître le secret du succès de Charles Langat. Pendant des mois, il a parcouru des kilomètres sur sa moto pour aller convaincre d’autres agriculteurs des avantages de la stévia. Depuis, il organise des visites guidées de sa plantation. « Passer cinq heures sur les routes, c'était éreintant. Je me concentre maintenant sur ma plantation et j'invite les agriculteurs à venir y découvrir mes activités. »  On vient de loin pour en apprendre davantage sur la stévia. Charles aide ses confrères à se convertir à cette culture et espère répondre à l'énorme demande mondiale de stévia. Son aide ne se limite pas aux semis et à la récolte. « Je donne aussi aux fermiers des conseils en matière de petit élevage et je leur explique comme valoriser le fumier comme engrais dans leurs plantations », poursuit Charles.  

Des agriculteurs viennent de loin pour en apprendre davantage sur la stévia. Charles Langat espère répondre à l'énorme demande mondiale de stévia.

Autres avantages de la stévia

Charles nous explique que ce n’est pas sorcier de prendre soin de cette plante. Les feuilles sucrées de la stévia semblent résister naturellement aux attaques de pucerons et d’autres insectes. « C’est peut-être aussi pour cette raison que les sauterelles évitent les plants de stévia », ajoute Charles. C’est ce qui fait que la stévia est très appréciée par les agriculteurs de Kericho. Parallèlement aux cultures à haut rendement, ils recherchent des plantes résistantes aux insectes et aux conditions difficiles, comme le changement climatique. Charles espère que les investisseurs choisiront le marché de la stévia et apporteront une valeur ajoutée à cette culture. Les producteurs locaux et l'économie du Kenya en ressortiront tous deux gagnants.